Dans son édition du samedi 30 avril 2005, le journal Ouest France évoque le triste sort réservé par son employeur à Christian Plouzeau, salarié de la mairie de Laval au temps de notre bon maire François dAubert.
Publiée la veille du 1er mai, journée internationale de solidarité des travailleurs, la description du statut médiéval de notre collègue démontre bien lactualité des revendications pour lamélioration des conditions de travail.
Voilà une réalité -bien réelle celle là !- dont Laval, capitale mondiale de la « réalité virtuelle », aurait pu faire léconomie. Hélas, cette affaire, après tant dautres, nest quune illustration supplémentaire des avatars produits par le Système dAubert. On comprend pourquoi notre actuel ministre de la recherche, contacté par le journal Ouest France, na pas souhaité sexprimer sur cette affaire.
Le Vecteur libre et indépendant a, depuis le 22 juin 2001, dénoncé la situation de notre collègue Christian Plouzeau. Vous pouvez compléter votre information sur sa situation en consultant les documents suivants :
Lenvers du décor (22 juin 2001)
Le petit dAubert illustré
Comme lindique larticle du journal Ouest France, la justice a été saisie par Christian Plouzeau. Curieusement, cette plainte, qui remonte à plusieurs années, peine à être instruite
Ouest France du 30 avril 2005, article de Vincent COQUEREAU, publié en pages nationales.
Il se retourne contre la ville de Laval, son ex-employeur
Le maquettiste travaillait dans un "cachot"
Un ancien salarié de la ville de Laval poursuit en justice son ex-employeur « pour mise en danger de la vie d'autrui ». Maquettiste de profession, cet agent contractuel réalisait des crèches de Noël dans un atelier insalubre. Un « cachot» situé dans une tour médiévale.
«J'ai encore du mal à comprendre ce qui m'est arrivé.» Maquettiste d'art naval et architectural, Christian Plouzeau, 57 ans, n'a plus d'emploi depuis un an. Sa dernière activité a viré au cauchemar. Il y a laissé une partie de sa santé. Il estime même que sa vie a «été mise en danger» et a décidé de se retourner contre la ville de Laval dont il fut salarié, de septembre 1995 à février 2004. Plainte contre X a été adressée au procureur de la République de Laval.
Témoignage de Loic Réveille, membre du comité d'hygiène et de sécurité de la ville de Laval, élu Force ouvrière: «Quand je l'ai découvert, il travaillait dans des conditions immondes.» C'était en juin 2001. Alerté par un collègue, le syndicaliste tombe des nues quand il pénètre pour la première fois dans l'atelier municipal «clandestin ».
Christian Plouzeau travaille dans l'une des tours médiévales du Vieux Laval, la tour Renaise. Stupéfaction. « On ignorait l'existence de cet atelier.» Une salle exiguë, mal éclairée, humide, sans fenêtre ni aération. Bref, un «cachot» où l'employé travaille «à quatre pattes ou penché sur des tables d'écoliers qui lui servent d'établis ».
« Je parlais aux murs»
Devant le mauvais état physique et psychologique de Christian Plouzeau, le médecin du travail l'hospitalise. Le maquettiste sort de l'ombre, mais «usé» par quatre années passées dans la tour. «J'en étais venu à parler aux murs, raconte-t-il. J'avais même apprivoisé un rat!» ,
Mais pourquoi diable n'a-t-il pas protesté? « On m'avait dit que ce serait temporaire, je faisais confiance », répond le maquettiste. Naïf ? «Oui, dans le sens où il faisait preuve d'une grande loyauté envers ses employeurs », analyse son avocat, Me Laigneau.
Côté mairie, on se souvient de Christian Plouzeau. «Quelqu'un de très indépendant, très autonome, hors normes», estime Jean-Pierre Bonet, l'ancien directeur général des services qui ignorait même, dit-il, sa présence dans la tour. «Je, n'ai jamais réussi à tirer cette affaire au clair, jamais réussi à savoir si on lui avait dit de s'installer dans cette tour, ou si c'est lui qui l'avait décidé. »
A l'origine, Christian Plouzeau avait été recruté personnellement par François d'Aubert, maire de Laval à l'époque (1). Sensible à ses compétences, l'élu - qui projetait alors d'édifier un Palais de la maquette à Laval - avait convaincu l'artiste de venir travailler dans sa ville. C'était en septembre 1995. Après la signature d'un premier contrat de travail, vingt autres devaient suivre. «Sa situation n'était pas tout à fait régulière, admet Jean- Pierre Bonet. Ne dépendant vraiment de personne, il avait été rattaché plus tard au service patrimoine.»
«Après avoir restauré les maquettes de bateaux provenant du musée de Saint-Malo, on a commencé par monter l'exposition Transmanche », raconte Christian Plouzeau. Suivront la réalisation d'une reproduction du retable de l'église des Cordeliers, qui sera même exposée à l'Assemblée nationale, puis celle du bateau touristique Le Pays de Laval, destinée à loffice de tourisme.
Un « immense talent... »
Mais, pour les Lavallois, Monsieur Plouzeau était avant tout l'auteur des crèches de Noël qui attiraient chaque année des milliers de personnes sous un grand chapiteau. Autant de réalisations dont se faisait l'écho le bulletin municipal qui évoquait alors « l'immense talent» du maquettiste. «J'étais heureux de faire ce travail, termine Christian Plouzeau. Ce sont les conditions dans lesquelles je l'ai exercé qui m'ont tué.»
Vincent COQUEREAU.
(1) Contacté, François d'Aubert n'a pas souhaité s'exprimer.

La tour Renaise, dans le Vieux Laval où Christian Plouzeau a travaillé pendant quatre ans à l'écart du monde.
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